Ce mercredi 26 mai, Jean-Michel Blanquer a médiatisé à outrance les conclusions de son Grenelle.

Si nous avons déjà livré notre analyse du chantier de ce Grenelle (consulter ici notre 4 pages publié en décembre), les annonces de Blanquer confirment et accentuent nos analyses ! Pour résumer, il s’agit de la destruction de nos droits collectifs par l’individualisation, la nouvelle politique RH de proximité, le renforcement PPCR notamment contre quelques miettes même pas pour tout le monde.

Pour tenter encore de nous convaincre, vous aurez noté que la Rectrice nous a fait l’honneur d’un message hier. Sur son message de 2 min 21s, 2s (montre en main) sont consacrées à la soit disant revalorisation salariale, le reste de son intervention à la destruction de nos droits qu’elle nomme elle « la modernisation profonde de sa politique de ressources humaines ».

Vous pourrez lire le compte rendu de la FNEC-FP-FO en lien ici de la réunion de synthèse qu’a tenu Blanquer au ministère ce mercredi 26 mai. Vous trouverez ci-dessous quelques éléments résumés.  

Sur la méthode et le positionnement des représentants des personnels

Le Ministre explique avoir pris en compte « l’expérience, l’expertise et les pistes de chacun » au cours des discussions du Grenelle. Il va un peu vite en besogne, et oublie de préciser qu’il est arrivé avec des conclusions déjà arrêtées, et qu’il n’a pris en compte que les avis préalablement sélectionnés (le fameux « panel d’experts ») ! Le ministre évoque aussi médiatiquement de soi-disant négociations, Blanquer a-t-il oublié aussi que FO (rejoint une semaine après par la FSU et la CGT) a claqué la porte des ateliers du Grenelle dès le début au regard justement de l’impossibilité de mener des négociations ? Ce Grenelle est rejeté par la majorité des représentants des personnels.

Le Grenelle contre nos statuts

Les « 12 engagements » annoncés sont autant de coups de bâtons contre les personnels et contre leur statut, dans la droite ligne des ordonnances Macron, de la loi Dussopt, la loi de la Confiance et la loi Darmanin de la Fonction Publique.

A titre d’exemple, « la transformation du parcours professionnel personnel, et sa meilleure prise en compte », c’est la suppression des CAP, la gestion exclusive de nos carrières par notre autorité hiérarchique, sans contrôle de nos représentants du personnel. C’est la porte ouverte au fait du prince, à l’arbitraire, et à toutes les pressions autoritaires dans une relation hiérarchique déséquilibrée dans la poursuite de PPCR.

Revalorisation ou plat de lentilles ?

Alors que le salaire moyen des enseignants français du primaire et du secondaire est inférieur de 18% à la moyenne des pays OCDE, qu’un enseignant en milieu de carrière gagne deux fois moins que son homologue Allemand ou encore que nos salaires ont dévissés de plus de 20 % en 10 ans par rapport à l’inflation, le Ministre Blanquer, sans aucune honte, annonce « une revalorisation historique« , à vous de juger :

  • 15€ par mois (180€/an) de participation à la complémentaire santé (ce n’est pas un cadeau, c’est une obligation de l’employeur depuis l’ordonnance du 18 janvier 2021).
  • prime informatique de 150€/an brut destinée à faire travailler plus les enseignants, par le moyen du « distanciel », en déréglementant les horaires.
  • Une revalorisation nette mensuelle moyenne de 40€ pour les échelons 2 à 7 (et rien pour les autres!).
  • Une prime de direction d’école de 37,50€/mois (450€/ an) dans le primaire !
  • La création de « Préau », un comité d’entreprise bidon, pour des prestations d’actions sociales toujours très largement inférieures à ce qui se pratique dans tous les autres Ministères.
  • Rien pour les AESH et les autres personnels.

Le Grenelle : beaucoup de bruit pour rien ?

Non, cette fausse revalorisation est aussi une vraie manœuvre pour poursuivre les contre-réformes et la destruction qu’il faut combattre !

Face au Grenelle, le SN-FO-LC 86 revendique :

  • L’abandon du Grenelle.
  • L’Augmentation immédiate des salaires : 183€ comme les personnels hospitaliers pour tous maintenant sans contrepartie. 
  • L’ouverture immédiate de négociations pour rattraper nos 20 % de pouvoir d’achat perdu en 20 ans par le dégel du point d’indice.
  • La création de tous les postes statutaires nécessaires.
  • L’abrogation du décret PPCR, de la loi Blanquer, de la loi Dussopt, de la loi Darmanin.