C’est quoi ? L’an passé, les 10 % de contrôle continu pour le bac ont déjà conduit à la multiplication de pressions des parents et des élèves sur les enseignants et leur notation. Profitant encore une fois de la crise sanitaire, Blanquer a décidé de passer le contrôle continu pour le baccalauréat à 40 % et décrète qu’il faudrait formaliser les différents types d’évaluation, définir les modalités, la cadence, le calendrier… tout ça sous le regard de la hiérarchie. Au cœur de l’été, il a publié (BO du 29/07) ses modalités d’évaluation du baccalauréat, sans tenir compte de l’importance de la mobilisation de juin et juillet 2021, en particulier celle des professeurs de philosophie, sans tenir compte non plus de l’opposition quasi-unanime des organisations syndicales au CSE (à part l’UNSA qui a proposé le projet !). Il continue à vouloir instaurer une déréglementation tous azimuts avec un baccalauréat maison, une évaluation maison. Il demande donc à chaque établissement de fixer un « projet local d’évaluation », qui devrait s’appliquer à toutes les disciplines du cycle terminal. Chaque établissement deviendrait alors « responsable » de décisions locales.

Pourtant, le cadre égalitaire de l’évaluation sur tout le territoire existait ! Le ministre Blanquer l’a détruit en supprimant le baccalauréat et ses épreuves nationales, terminales, ponctuelles et anonymes. C’est Blanquer qui détruit le bac et ce sont les enseignants qui deviendraient responsables que ça ne fonctionne pas !

Comment se défendre ? Alors que les réunions commencent dans les établissements sur les PLE, il est très important de ne pas rester isolé et donc de prendre position collectivement dans les établissements sur cette question, le SN-FO-LC peut vous aider.

Nous vous invitons, partout où c’est possible, au Conseil pédagogique, au CA, dans les assemblées générales ou dans les heures d’informations syndicales, à prendre position collectivement pour refuser le principe du PLE. Il faut réaffirmer que l’évaluation relève de la liberté pédagogique de chaque enseignant.

Le SN-FO-LC 86 peut vous aider à tenir des heures d’informations syndicales sur cette question, à rédiger une motion, une pétition, il suffit de nous contacter.

Nous vous proposons aussi ici un exemple de motion : « les enseignants, avec leurs organisations syndicales SN-FO-LC, ….…., réunis en heure d’information syndicale, tiennent à rappeler leur attachement à leur liberté pédagogique, garantie par le code de l’éducation (Art L912-1-1). Par conséquent, ils refusent que leur soit imposée une limitation de cette liberté par le biais de réunions du conseil pédagogique ou de conseils d’enseignement qui n’ont nullement ce rôle ni cette prérogative.

L’évaluation est un outil pédagogique que chaque collègue doit pouvoir utiliser librement, c’est son métier.

Aux consignes du ministre, qui toutes défont le caractère national de l’Education et des diplômes, nous opposons notre revendication : retour au baccalauréat avec ses épreuves anonymes, terminales, nationales et ponctuelles, seule façon de garantir l’égalité d’instruction et d’évaluation des élèves.

Nous exigeons le respect de notre liberté pédagogique.

Par conséquent, nous exigeons que chaque collègue soit libre de participer ou non aux discussions sur la mise en place de ces PLE, et d’autre part que chaque collègue soit libre d’appliquer ou pas telle ou telle « décision » issue de ces différentes réunions. »

Quelques réponses sur le conseil pédagogique :

Peut-il être générateur d’obligations ? NON.

A aucun endroit, le texte ne prévoit que le conseil pédagogique soit autre chose qu’une instance de « discussion » et de « préparation », il n’a aucun pouvoir décisionnaire. Chacun est donc libre de se conformer ou pas aux « décisions » ou aux « avis » du conseil pédagogique.

Peut-on nous imposer d’y participer ? NON.

Même si le texte prévoit que le chef d’établissement peut nommer les membres du conseil d’administration s’il n’y a pas de volontaire, cela n’entre ni dans nos obligations de service, ni dans les missions liées. De plus l’administration n’a aucun intérêt à y faire siéger des enseignants « réfractaires ».

Peut-il prévaloir sur notre liberté pédagogique individuelle ? NON. (Art L912-1-1 Cde de l’éducation) 

« La liberté pédagogique de l’enseignant s’exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l’éducation nationale et dans le cadre du projet d’école ou d’établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d’inspection. Le conseil pédagogique prévu à l’article L. 421-5 ne peut porter atteinte à cette liberté. »

Pour votre panneau syndical ou pour informer vos collègues, lire et/ou imprimer les communiqués suivants :

Le communiqué du syndicat national sur le PLE

Le communiqué du SN-FO-LC 86 sur le PLE

Le communiqué du SN-FO-LC 86 sur le conseil pédagogique